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En Iran, la France veut s’ouvrir à un marché de 80 millions d’habitants

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La visite de Jean-Yves Le Drian en Iran, ces 4 et 5 mars 2018, a aussi pour but de soutenir les entreprises françaises. “Fin octobre 2017, les échanges commerciaux de la France avec l’Iran avaient doublé par rapport à 2016 selon les chiffres du Trésor. Les exportations avaient atteint 1,2 milliard d’euros, et les importations (surtout des hydrocarbures) 2 milliards d’euros”, rappelle le Figaro ce lundi 5 avril 2018.

Iran: la France joue «en même temps» la fermeté et le commerce

Le Figaro, par Fabrice Nodé-Langlois
Mis à jour le 05/03/2018 à 08:49
Publié le 05/03/2018 à 06:00

Jean-Yves Le Drian effectue une visite à Téhéran ce lundi. Paris va demander des gages à Téhéran sur son programme balistique tout en soutenant les entreprises françaises en Iran.

Mission d’équilibriste pour le chef de la diplomatie française. En visite ce lundi à Téhéran, où il sera reçu par le président de la République islamique Hassan Rohani, Jean-Yves Le Drian va tenir un langage de fermeté sur le programme de missiles balistiques iranien, le dossier nucléaire et la Syrie. Le contexte diplomatique est tendu dans la mesure où Donald Trump a posé un ultimatum. Il a menacé de sortir de l’accord international sur le nucléaire conclu en juillet 2015 le 12 mai si le régime des Mollah ne donne pas davantage de garanties sur son programme atomique et ses capacités militaires. Si les dossiers diplomatiques et géostratégiques occupent le devant de la scène, le commerce demeure un enjeu important en toile de fond.
Depuis l’accord sur le nucléaire, les entreprises occidentales ont opéré un retour sur ce marché prometteur de 80 millions d’habitants qui ont soif de consommation. Les grands groupes français ne sont pas en reste. Fin octobre 2017, les échanges commerciaux de la France avec l’Iran avaient doublé par rapport à 2016 selon les chiffres du Trésor. Les exportations avaient atteint 1,2 milliard d’euros, et les importations (surtout des hydrocarbures) 2 milliards d’euros. Total a signé un accord sur le gaz, Renault et PSA ont scellé des partenariats pour produire des voitures sur place. Airbus a décroché une commande de 100 appareils auprès d’Iran Air. Mais tout récemment, le «vendeur en chef» de l’avionneur européen, John Leahy (bientôt à la retraite) indiquait à Reuters que le calendrier risquait de glisser, en raison de problème de financement et de difficultés de pré-paiement de la part des Iraniens. Une complication qui touche – ou guette – la plupart des entreprises européennes faisant des affaires en Iran.

Bpifrance en première ligne

Les banques françaises rechignent toujours à financer les exportateurs français, par peur des sanctions américaines (l’amende infligée de 8,9 milliards de dollars à BNP Paribas en 2014 reste un souvenir cuisant) . Aussi depuis des mois Bpifrance négocie avec Téhéran pour pouvoir soutenir les entreprises hexagonales via un mécanisme de crédit export. Son directeur général Nicolas Dufourcq prépare un «véhicule dédié», dans lequel «il n’y a pas un dollar», précisait-il le mois dernier devant une commission parlementaire. L’absence de transaction en dollars est l’un des boucliers contre les sanctions extraterritoriales américaines.

«Les négociations avec la banque centrale iranienne sont bien avancées», affirme un proche du dossier. L’État français compte obtenir de Téhéran une «clause de sanction». Il s’agirait, en cas de retour de sanctions américaines, de permettre à un partenaire français de se retirer d’un contrat, sans pénalité. «Sans cette clause, difficile de convaincre certains exportateurs à venir ou revenir en Iran», commente ce spécialiste.

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