L’Iran ouvre l’appétit des constructeurs automobiles français

PSA et Renault scrutent le marché Iranien avec une grande attention…

 

Quand politiques et constructeurs chouchoutent l’Iran

Par Arnaud Murati Publié le 06/03/2018 à 16:32. Mis à jour le 06/03/2018 à 17:24

L’agitation française autour de l’Iran est aussi une affaire de business dans laquelle PSA et Renault sont en première ligne.
Un coup de fil entre présidents de la République le dimanche 4 mars, une visite du ministre des Affaires étrangères dans la foulée, une promesse de visite de la part d’Emmanuel Macron très prochainement… La France est aux petits soins pour l’Iran en ce moment. L’idée majeure est bien entendu de trouver des solutions diplomatiques aux grands problèmes politiques et humanitaires de ce monde, principalement en Syrie.

Mais en coulisses, les tractations économiques battent leur plein entre l’Iran et la France, notamment en ce qui concerne l’automobile. Juste avant la visite de M. Le Drian à Téhéran, Mohsen Jahroudi, le directeur du constructeur iranien Saipa, a été reçu en France à l’invitation de PSA. Il a pu échanger avec divers cadres de l’entreprise, dont Carlos Tavares en personne. L’objectif était de parler d’industrie, de nouveaux moteurs bientôt produits là-bas, et même éventuellement de la mise en production d’un SUV dans l’usine codétenue par Citroën et Saipa : “La production de la nouvelle C3 a commencé en Iran, le but était aussi de parler de l’accélération du partenariat” complète PSA à ce ce sujet. Un constructeur dont la deuxième vente mondiale est la Peugeot 405, modèle aujourd’hui dédié au marché iranien…

Renault aussi mise sur l’Iran. Un accord tripartite a été signé en août 2017 entre le constructeur français, l’importateur Negin Khodro et Idro, une structure étatique iranienne destinée à redynamiser le territoire. Cet accord devrait devenir concret dans les jours à venir selon Mansour Moazemi, le président d’Idro. Renault ne souhaite pourtant pas commenter le sujet plus avant…
Selon diverses sources en Iran, il apparaitrait que la livraison de l’usine prévue ces temps-ci ne soit pas encore une réalité. D’autre part, Renault entend (contrairement à PSA) développer un réseau à sa marque sur le territoire iranien. Une affaire complexe -150 points de vente sont évoqués- qui risque encore de prendre des mois avant de devenir une réalité. En attendant, Renault formerait déjà les sous-traitants locaux à ses futures exigences industrielles, tandis que la mise en place d’un centre d’ingénierie en Iran serait toujours à l’étude.

Partenaire privilégié des ambitions des sociétés françaises, la Banque Publique d’Investissement (BPI) confirme que les constructeurs automobiles français ont “de grands espoirs” en Iran, mais “pas encore d’intérêts”. D’après Christophe Viprey, directeur général de BPIFrance assurance export, les constructeurs, surtout PSA, sont encore “en phase de réamorçage, de récupération des parts de marché qui étaient les leurs avant le régime de sanctions”. BPIFrance accompagne donc activement PSA en Iran, sachant que de son aveu, les autres banques n’osent pas vraiment se risquer dans le pays : “Nous prenons en garantie les composants électroniques et les boites de vitesses” explique encore M. Viprey.

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